L'Amérique septentrionale est cartographiée, dans un premier temps, par des géographes de cabinet qui, loin du terrain, essaient de réunir les informations disponibles en Europe. Ils sont souvent tentés de concilier frontières politiques et frontières naturelles, les unes étant généralement aussi imaginaires que les autres. Peu à peu, la création de la fonction de géographe du roi les amène à collecter des informations plus sûres à partir de mémoires et rapports de voyage des explorateurs. Ces nouvelles cartes servent de guides, malgré leurs inexactitudes, et entretiennent les espérances coloniales. Cependant, les noms donnés aux lieux aperçus témoignent davantage de la recherche ou de la confirmation du patronage royal que de la réalité géographique. Bien que Samuel de Champlain, les missionnaires, les coureurs de bois et d'autres explorateurs aient représenté les Grands Lacs et le centre du continent depuis 1616, il faut attendre l'œuvre du cartographe royal Guillaume Delisle, en 1703, pour avoir une description plus exacte de l'est de l'Amérique du Nord. À l'ouest, la connaissance de la côte du Pacifique fait des progrès à la suite des explorations espagnoles et russes de la première moitié du XVIIIe siècle. Toutefois, les voyages de Vitus Béring ne sont pas pris en compte avant les années 1750 et la représentation du détroit entre l'Asie et l'Amérique reste imprécise. On croit encore en une vaste mer de l'Ouest et en un passage du Nord-Ouest qui serait navigable. Dans l'ensemble, les cartes définissent l'espace connu par les explorateurs européens, lui confèrent une réalité et anticipent les futures conquêtes.

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Cartographie des découvertes
Partie occidentale du Canada ou de la Nouvelle France, par Vincenzo Coronelli, 1688.
CA ANC NMC-6411